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Santé

Les maladies ‘disparues’ réapparaissent à cause d’une régression des vaccins

Le nombre de vaccins administrés baisse de par le monde, et cette diminution est due à une méfiance croissante envers les piqûres. Entre 2008 et 2015, l’Europe a noté 215.000 cas de maladies pour lesquelles il existe pourtant un vaccin. Le Parlement européen s’inquiète de cette situation et pointe du doigt les ‘fake news’ qui secouent Internet, mais aussi les médias ordinaires. Régression des vaccins 

Prenons la rougeole. Un vague souvenir de votre enfance, des points rouges et quelques démangeaisons, mais disparue depuis longtemps. Dans la plupart des cas, cette maladie infantile est inoffensive. Pourtant, 130 000 personnes meurent chaque année de la rougeole, principalement des enfants. En outre, il faut ajouter que 10 à 20 % des patients développent des symptômes que l’on n’élimine pas si facilement, allant de fortes diarrhées à des infections pulmonaires ou des encéphalites. Si vous pensiez que la rougeole avait disparu, vous serez déçu(e) : la maladie fait son come-back depuis quelques années.

L’union fait la force

On vous entend déjà penser : ici en Belgique, il ne faut pas trop s’en faire. Eh bien, rien n’est moins vrai. Bien qu’entre 2000 et 2015, l’on estime que les vaccins sauvent plus de 20 millions de vie sur notre planète, il y a lieu de rester vigilants à propos de ces maladies que nous considérons comme appartenant au passé. Ces dernières années, notre petit royaume a noté une hausse significative de contaminations par la coqueluche et la diphtérie. Cette année, nous avons connu pour la première fois dans cette décennie une – petite – épidémie de rougeole en Belgique. ‘Mais alors, tout le monde n’est pas vacciné ici ?’. Hélas : ce n’est plus le cas. Rien qu’en Wallonie, 300 cas de rougeole ont été répertoriés durant la première moitié de cette année.

Vacciner tout le monde est une utopie. C’est pourquoi le monde médical mise sur un taux de vaccination de 95 % afin de pouvoir considérer une maladie comme ‘éradiquée’. Cela signifie évidemment que 5 % de la population court toujours le risque de contracter une maladie. Mais étant donné que la majeure partie de nos compatriotes est immunisée contre les maladies pour lesquelles on vaccine couramment, le risque qu’une personne non vaccinée soit malade est très faible. En d’autres mots : le grand public est vacciné et protège ainsi ce petit groupe vulnérable qui n’a pas reçu de piqûre.

Merci aux anti-vaccins

La cause d’une méfiance grandissante envers les vaccins, émane des anti-vaccins : des activistes dont le cri à l’encontre des vaccins ne cesse de grandir. Pour justifier leurs suspicions, ils avancent divers arguments. Leur principal cheval de bataille est l’affirmation selon laquelle le secteur pharmaceutique n’a qu’un objectif, à savoir gagner de l’argent. Selon les anti-vaccins, les vaccinations standard telles que celles contre la rougeole, la varicelle, le tétanos ou d’autres maladies, sont superflues. Partant du raisonnement qu’un corps sain n’a pas besoin d’extras, ils préfèrent prendre le risque de contracter des maladies qui n’arrivent quasi jamais, que de faire confiance aux solutions offertes par la pharmaceutique.

En outre, les opposants s’appuient sur le fait que leurs enfants, qui ne sont pas vaccinés, sont en parfaite santé et ne présentent aucune des maladies susmentionnées. Bien entendu, cette allégation est facile à faire dans de riches pays occidentaux comme le nôtre : finalement, ces enfants profitent aussi — heureusement — de notre taux de vaccination élevé. Mais il est évident que cette attitude négative met en danger tout le système.

Retour dans le temps

Mourir de maladies que nos parents ont surmontées, cela nous ramène à l’époque du prêtre flamand catholique Daens. Mais une étude de l’Organisation mondiale de la Santé ne laisse planer aucun doute à ce sujet : il y a bel et bien un lien entre le refus de vaccination et les épidémies qui apparaissent un peu partout.

En Flandre, les chiffres sont pour l’instant réconfortants. Selon l’Agence Zorg en Gezondheid nous tournons autour des 95 % de taux de vaccination et ces chiffres sont stables jusqu’ici. Même si selon cette même agence, on remarque un tournant chez les parents, qui font de plus en plus souvent preuve de méfiance envers les vaccins. Un quart des parents pense, selon cette même étude, qu’il n’est pas nécessaire de vacciner contre les maladies infectieuses qui ne sont plus contractées. La question est de savoir combien de temps ces maladies vont rester absentes si nous refusons tous la vaccination qui a permis à de nombreuses générations de têtes blondes de rester en bonne santé.

Qu'en est-il des vaccins antigrippe ?

La grippe ne fait pas tout à fait partie de la famille des maladies qui peuvent être éradiquées au moyen de vaccins. Du moins pas entièrement. Surtout parce qu’il existe de nombreuses variantes de la grippe. Pourtant il peut être très utile de se faire vacciner contre la grippe. Lisez ici quels sont les avantages de la vaccination.

Par Laurence Vanparys
07 août 2018