Dans ce nouvel épisode du podcast ‘Une Pause s’impose !’ de Liantis, nous découvrons le parcours d'Eugénie Gillot, co-fondatrice d'Eugène Chocolatier. Une aventure entrepreneuriale qui a débuté en 2015, presque par hasard, avec la création de pâtes à tartiner artisanales. Ce qui n'était au départ qu'une passion est progressivement devenu une entreprise à part entière, grâce aux encouragements de son entourage. Aujourd'hui, Eugénie nous partage sa vision de l'entrepreneuriat, ses défis quotidiens et sa quête d'équilibre.

À propos d’Eugénie
Le parcours d'Eugénie dans l'univers du chocolat commence bien avant la création d'Eugène Chocolatier. Issue d'une famille gourmande, elle développe très tôt une passion pour la gastronomie. En 2005, à seulement 18 ans, elle part en Équateur pendant un an, où elle travaille dans des plantations de cacao, s'immergeant dans l'univers de cette matière première exceptionnelle.
À son retour en Belgique, elle intègre le CERIA, l'école des métiers de bouche, section chocolaterie. Malgré cette formation et des stages chez des chocolatiers renommés comme Laurent Gerbaud, Eugénie cherche encore sa voie spécifique dans cet univers. Ce n'est que plusieurs années plus tard que naît l'idée des pâtes à tartiner, une création où elle sent qu'elle peut véritablement apporter sa pierre à l'édifice.
Les multiples facettes de l'entrepreneuriat
"En fait, être entrepreneur, c’est avoir 20 métiers et on ne peut pas être parfait dans tout", confie Eugénie. Cette réalité, elle l'a découverte notamment lors de ses stages, qui lui ont permis de voir l'envers du décor de l'entrepreneuriat. Au-delà de l'aspect technique du métier de chocolatière, elle a dû apprendre à jongler avec de nombreuses autres compétences.
Parmi ses défis quotidiens, Eugénie cite notamment la gestion financière, qu'elle reconnaît ne pas être son point fort, mais qu'elle ne peut ignorer. Les ressources humaines représentent également un apprentissage constant : "Je suis chocolatière, je ne suis pas manager." Encadrer des stagiaires et des employés, déléguer efficacement, sont des compétences qu'elle développe progressivement, en acceptant de faire des erreurs et d'en tirer les leçons.
L'équilibre entre vie professionnelle et personnelle
Contrairement à certains entrepreneurs qui compartimentent strictement leur vie professionnelle et personnelle, Eugénie privilégie une approche plus fluide : "Tout se mélange constamment", explique-t-elle. Elle discute ouvertement de la chocolaterie avec ses enfants, valorisant leur point de vue, souvent d'une simplicité déconcertante.
Cette fluidité ne signifie pas pour autant l'absence de structure. Au contraire, Eugénie a mis en place un système de soutien solide : ses parents, son conjoint et ses beaux-parents l'aident considérablement avec ses enfants. Son partenaire, lui-même entrepreneur, comprend parfaitement les contraintes liées à l'entrepreneuriat et assume pleinement sa part des responsabilités familiales.
Un conseil qu'elle partage avec les nouveaux entrepreneurs : mettre en place ces structures de soutien le plus tôt possible. "Si c'était à refaire, je le mettrais en place bien plus tôt", affirme-t-elle.
Le soutien entre entrepreneurs
Pour Eugénie, construire un réseau de soutien entre entrepreneurs est crucial. "Quand on est indépendant, si on n'a que des amis salariés, il y a tellement de choses qu'ils ne peuvent tout simplement pas comprendre", explique-t-elle. Ces amitiés entrepreneuriales se sont développées naturellement, à travers des rencontres avec d'autres artisans bruxellois, des fournisseurs ou des clients.
Elle souligne également l'importance d'avoir une personne ressource, quelqu'un qui comprend les hauts et les bas de l'entrepreneuriat mais qui sait aussi proposer des moments de déconnexion totale. "Parfois, simplement faire des choses où on met le cerveau en off et en pause, ça fait tellement de bien", confie-t-elle. Cette personne peut être celle qui propose d'aller au cinéma plutôt que de discuter encore des défis de l'entreprise.
L’avenir d’Eugène Chocolatier
Quand on l'interroge sur l'avenir, Eugénie révèle sa préférence pour une approche progressive: "Je suis quelqu'un qui fait des tout petits pas." Les grands changements et les risques majeurs l'effraient, elle préfère viser un équilibre et une certaine stabilité.
Cette stabilité n'exclut pas l'innovation. Au contraire, elle aspire à diversifier ses créations avec beaucoup de couleurs et de nouvelles recettes temporaires. Une vision qui reflète bien sa philosophie : progresser à son rythme, tout en restant fidèle à ses valeurs et à sa passion initiale pour le chocolat.