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Sécurité

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Les travailleurs aux métiers physiques s’absentent bien plus souvent pour maladie

Les travailleurs qui exercent les métiers les plus exigeants physiquement cumulent jusqu’à 80 % de jours de maladie en plus que leurs collègues en poste assis. C’est ce que montre notre analyse d’une vaste étude européenne. Pour les professionnels de la prévention, voilà un argument de plus pour placer l’ergonomie plus haut dans l’agenda.

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Ce que nous avons analysé

Nous avons étudié les données de l’European Working Conditions Survey, l’enquête européenne sur les conditions de travail. Elle couvre plus de 68 000 travailleurs dans 37 pays européens. Nous avons regroupé sept facteurs de risque ergonomique en un seul indice de charge physique. Citons le port de charges lourdes, les mouvements répétitifs et les postures inconfortables. Nous avons ensuite relié cet indice au nombre de jours de maladie déclarés. 

Le résultat : 80 % de jours de maladie en plus

L’effet persiste, même après correction pour l’âge, le sexe, la profession, le secteur et le pays. Les travailleurs soumis à une forte charge physique déclarent 80 % de jours de maladie en plus. Les chiffres belges confirment clairement cette tendance.

Stephan Tomlow, expert en ergonomie chez Liantis, fait le lien avec les absences de longue durée : « Environ un tiers de tous les malades de longue durée sont absents pour des troubles liés à l’ergonomie. En adaptant les conditions de travail, nous pouvons donc éviter beaucoup d’absences. »

«  On ne ressent souvent les conséquences d’un travail physique intense que plus tard. La prévention doit donc commencer tôt. »

L’effet de l’âge

À l’échelle européenne, une tendance nette se dessine. Plus le travailleur est âgé, plus la charge physique pèse sur le nombre de jours de maladie. Chez les plus de 50 ans, l’effet est nettement plus marqué.

Ce constat concerne aussi votre politique de prévention. Ne vous concentrez pas uniquement sur les travailleurs plus âgés. Stephan Tomlow observe que les employeurs confient souvent les tâches les plus lourdes aux plus jeunes, pour ménager les autres. « Mais c’est là que se cache le danger : les jeunes collaborateurs d’aujourd’hui sont les collègues âgés de demain. On ne ressent souvent les conséquences d’un travail physique intense que plus tard. La prévention doit donc commencer tôt. »

La législation place la barre plus haut

Depuis la modification de la législation en 2024, les employeurs doivent établir une analyse de risques complète en matière d’ergonomie. Ils doivent aussi tenir compte de l’ergonomie dès la conception ou le réaménagement des lieux de travail. Dans le travail de bureau, les progrès sont déjà importants. On accorde plus d’attention à l’aménagement des postes, au bon matériel et au mouvement. Pour le travail physiquement exigeant, la marge de progression reste grande.

Ce qui fonctionne sur le terrain

De bonnes mesures ergonomiques ne réduisent pas seulement le nombre de jours de maladie. Elles limitent aussi l’entrée en maladie de longue durée. Elles aident en outre les personnes souffrant de maux de dos ou de nuque à reprendre plus vite le travail. Des recherches montrent par ailleurs qu’en misant sur l’ergonomie, vous agissez indirectement aussi sur le bien-être psychosocial de vos collaborateurs.

Une étude finlandaise vous fournit aussi des arguments pour le dialogue avec la direction. Elle a combiné une enquête auprès de 42 entreprises industrielles finlandaises et une étude de cas longitudinale (2018-2022) dans une entreprise. Sur la chaîne d’assemblage, des améliorations systématiques sont allées de pair avec une charge physique réduite et moins d’absentéisme d’origine ergonomique. La productivité et les résultats financiers ont progressé en même temps.

Notre conseil : commencez par le dialogue

« En tant qu’employeur, discutez avec vos collaborateurs », recommande Stephan Tomlow. « Ce sont eux qui identifient le mieux les points problématiques éventuels. Ils peuvent aussi réfléchir de façon créative à la manière d’améliorer certaines situations et conditions de travail. » Impliquez donc vos collègues dans l’analyse de risques. Vos mesures n’en seront que mieux acceptées.

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Découvrez notre approche en matière d’ergonomie
Par Ellemijn Van Puymbroeck
03 novembre 2026

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