Politique du personnel

Extension des flexi-jobs à tous les secteurs : qu’est-ce que cela signifie pour vous en tant qu’employeur ?

Rédigé par Annelien Decan | 14 septembre 2026

Depuis le 1er juillet 2026, vous pouvez en principe faire appel à des flexi-jobistes dans tous les secteurs. Seuls les secteurs exclus, totalement ou partiellement, par une clause d’exclusion font exception. Ces exclusions figurent dans l’arrêté royal du 30 août 2026, publié au Moniteur belge le 9 septembre 2026.

À l’avenir, les secteurs pourront faire inscrire des exclusions supplémentaires dans des arrêtés royaux, après les avoir prévues dans une CCT sectorielle.

Pour les employeurs, cet élargissement offre davantage de possibilités pour faire face à un surcroît temporaire de travail, à des absences imprévues ou aux pics saisonniers. Des conditions importantes restent toutefois d’application. Voici les principales règles à connaître.

 

Qui peut travailler comme flexi-jobiste ? 

Tout le monde ne peut pas exercer un flexi-job. Les principales conditions sont les suivantes :

  • Les travailleurs doivent avoir travaillé au moins à 80 % chez un ou plusieurs autres employeurs au cours du trimestre T-3.
  • Une personne pensionnée au cours du trimestre T peut exercer un flexi-job pendant ce même trimestre. L’évaluation ne se fait donc plus sur la base du trimestre T-2.

La réforme assouplit également les règles relatives à l’emploi dans les entreprises liées. Désormais, un flexi-job sera autorisé dans une entreprise liée pour les travailleurs qui y travaillent à temps plein, tandis que la restriction continuera de s’appliquer pour les travailleurs occupés à temps partiel avec un contrat à 4/5e.

Cela facilitera le déploiement des flexi-jobs dans les groupes d’entreprises et les structures multi-entreprises, sans renoncer à l’équilibre initial du système.

Attention : pendant le trimestre où le flexi-job est exercé, d’autres conditions  doivent également être remplies.


Pourquoi un flexi-job peut-il être intéressant ? 

Un flexi-job peut vous aider à obtenir rapidement du renfort. Par exemple, pour faire face : 

  • à un surcroît de travail temporaire ou imprévu ; 
  • à du travail saisonnier ; 
  • à l’absence d’un collaborateur devant être remplacé pour une courte durée ;
  • à un besoin temporaire de renfort.  

Le système allie flexibilité, coût attractif et formalités simplifiées. Par exemple :

  • la cotisation patronale spéciale de 28 %, 
  • le caractère fiscalement avantageux pour les travailleurs, 
  • les faibles barrières administratives grâce aux accords-cadres et aux procédures Dimona.

 

Vérifiez les règles applicables à votre secteur 

La généralisation des flexi-jobs ne signifie pas que les règles sont identiques partout. Les secteurs peuvent à tout moment faire enregistrer leurs propres exclusions au moyen d’une clause d’opt-out. Les règles relatives aux flexi-jobs doivent également être respectées.  

Avant chaque engagement, vérifiez donc : 

  • si les flexi-jobs sont autorisés au sein de votre commission paritaire ; 
  • si le candidat remplit la condition relative à l’occupation ou à la pension ; 
  • si une restriction s’applique au sein des entreprises liées et si les autres conditions sont respectées pendant le trimestre où le flexi-job est exercé ; 
  • quelles sont les conditions salariales et formalités administratives applicables. 

 

Combien coûte un flexi-jobiste ? 

En tant qu’employeur, vous payez une cotisation ONSS spéciale de 28 % sur le flexi-salaire et sur le flexi-pécule de vacances. Le salaire de votre flexi-jobiste dépend du secteur dans lequel vous êtes actif. Dans tous les secteurs, sauf l’horeca, un flexi-jobiste a droit au moins au salaire minimum sectoriel. 

Pour le secteur de l’horeca, un salaire minimum et un salaire maximum spécifiques s’appliquent. Depuis le 1er septembre 2026, le salaire horaire de base minimum y est d’au moins 12,11 euros et le salaire maximum de 21 euros. 

Le flexi-pécule de vacances s’élève à 7,67 % du flexi-salaire et vous le payez en même temps que le salaire. En outre, votre flexi-jobiste a droit aux avantages et indemnités applicables dans votre secteur, comme une indemnité de déplacement domicile-lieu de travail, une prime de week-end ou une indemnité vestimentaire. 

Un avantage supplémentaire ? Un flexi-jobiste ne paie pas de cotisations sociales ni de précompte professionnel. Par conséquent, le salaire brut est égal au salaire net que votre flexi-jobiste perçoit. 

Pour les flexi-jobistes qui ne sont pas encore pensionnés, un plafond fiscal s’applique toutefois. Durant l’année de revenus 2026, ils peuvent gagner jusqu’à 18 440 euros par an qui sont exonérés d’impôt. S’ils dépassent ce montant, l’avantage fiscal disparaît pour la partie qui dépasse la limite et ce revenu est imposé. Les flexi-jobistes pensionnés peuvent gagner des revenus complémentaires sans limite, mais doivent toutefois tenir compte des revenus autorisés en tant que pensionnés. 

Tenez aussi compte du flexi-salaire maximal. Dans tous les secteurs, sauf l’horeca, celui-ci ne peut pas dépasser 150 % du salaire minimum sectoriel. Les indemnités accordées par la loi ou par une CCT ne sont pas prises en compte pour cette limite. Si vous dépassez malgré tout cette limite, l’intégralité du salaire sera soumise aux cotisations ONSS ordinaires et au précompte professionnel. Pas seulement le montant au-dessus de la limite, mais bien l’intégralité du salaire.