Je suis indépendant

Gérant d’une société d’IT, Ignace a fait appel à un coach d’entrepreneurs

Rédigé par Jasmien Van Hulle | 21 juin 2023

« Grâce à ces nouveaux éclairages, je fais un vrai travail sur moi et sur mon entreprise. »

Il arrive qu’une entreprise grandisse naturellement et en peu de temps. Avant même que vous vous en rendiez compte, l’activité que vous gériez dans votre garage s’est transformée en une grande PME de quinze collaborateurs. Cette histoire, c’est celle d’Ignace De Coster (49 ans) et d’IZIT, une société d’IT implantée à Zele, en Flandre-Orientale. Après avoir passé de nombreuses nuits blanches successives pour faire face à une charge de travail grandissante, le gérant a décidé de faire appel à un coach d’entrepreneurs de Liantis. « Mon objectif ? Faire en sorte que mon entreprise continue à tourner sans encombre, même quand je m’absente pendant trois semaines. »

Fifi Brindacier

« Puisque je ne l’ai encore jamais fait, je pense que j’en suis capable. » Empruntés à Fifi Brindacier, ces mots trônent dans un grand cadre noir sur le bureau d’Ignace De Coster (49 ans). La citation illustre la curiosité, mais aussi l’audace. Dans une certaine mesure, elle traduit également un brin d’angoisse. Ni trop ni trop peu. Juste ce qu’il faut. Ignace tourne fièrement les yeux vers son cadre. « Chouette citation, non ? », lance-t-il en riant.

Pour Ignace, la citation de cette jeune fille aux tresses et aux taches de rousseur reconnaissables entre mille symbolise un véritable état d’esprit. « La plupart des gens ont par définition peur de la nouveauté. Moi, c’est tout le contraire. Si c’est nouveau, je veux tout savoir sur le sujet. » Regarder derrière soi n’est donc pas vraiment dans sa nature. « Ma femme me dit souvent que je devrais être fier de ce que j’ai déjà accompli. Mais je cherche toujours à faire mieux, à aller plus haut, plus vite... Aussi bien au niveau professionnel que sur le plan sportif. »

Quand on chasse le naturel...

Au début des années 2000, Ignace a lancé sa propre activité complémentaire alors qu’il travaillait comme informaticien pour une grande entreprise. « J’ai d’abord eu quelques petits projets, mais la demande est devenue trop importante. À un moment, j’ai donc décidé de franchir le pas et de devenir indépendant à titre principal. Mes parents avaient des doutes. “Tu ne vas tout de même pas jeter à l’eau ta sécurité d’emploi ? Et tes chouettes collègues ? Et ton revenu fixe ?” Le genre de réflexion réac classique... Mais quand on chasse le naturel, il revient au galop. »

Comme de nombreuses personnes avant lui, l’entrepreneur a commencé ce nouveau chapitre dans son garage. Sur les conseils de sa femme – qui jouera aussi un rôle crucial dans la suite de son histoire –, Ignace s’est mis à la recherche d’un bureau. C’est ainsi qu’il s’est installé dans le centre de Zele, où il a continué à faire grandir son entreprise. Aujourd’hui, il collabore avec 15 collègues et peut estimer à juste titre qu’il a réussi son pari.

A la rescousse

IZIT concentre ses activités dans deux domaines : le support IT à tous niveaux pour les PME, d’une part, et MIRA Software, un logiciel de gestion du matériel développé en interne, d’autre part. Deux activités qui marchent, mais qui, victimes de leur succès, nécessitent d’apporter de nombreuses améliorations à la structure organisationnelle.

« J’aime aller travailler en sachant que tout a été bien planifié et que tout le monde sait ce qu’il a à faire. Mais les deux activités s’étaient développées rapidement et nous manquions de structure. Cette situation me stressait et m’empêchait de dormir. Je passais tout mon temps à régler des problèmes urgents et je ne prenais que des décisions à court terme. Il n’y avait rien de prévu à long terme. Il m’arrivait de travailler comme un forcené pendant toute la journée, mais d’avoir l’impression de ne rien avoir fait à la fin. De plus, je me consacrais tellement au moment présent que je n’avais pas le temps d’analyser les choses avec la distance nécessaire. À un moment, ma femme m’a dit que ça ne pouvait pas continuer comme ça. Elle s’est renseignée et m’a proposé de suivre un coaching pour entrepreneurs. »

La structure en maître-mot

Ignace s’est inscrit sur le site web de Liantis. Quelques jours plus tard, il était déjà en contact téléphonique avec Marianne, notre collègue coach d’entrepreneurs. S’en est suivi un premier rendez-vous. « Au début, j’étais sceptique. Je suis quelqu’un de rationnel. Donc si ça avait été trop vague ou trop nébuleux, j’en serais resté là. Mais c’était tout le contraire. La première question que Marianne m’a posée, c’est si on avait un organigramme. La réponse était non... Mon entreprise avait grandi progressivement, sans que je m’en sois bien rendu compte. Initialement, je me posais deux questions avant d’engager une personne : est-ce que je vais pouvoir la payer, et est-ce qu’on va s’entendre ? Mais quand vous grandissez, vous devez changer d’approche. »

Lors des séances qui ont suivi, Ignace et Marianne se sont intéressés à la manière d’améliorer la structure de l’entreprise. « Nous sommes en train de mettre de la structure dans la gestion du personnel. À désigner des chefs d’équipe, car tout ça n’était pas toujours clair avant. Souvent, c’est simplement à moi que les gens posaient toutes leurs questions. Grâce à ces séances, j’ai compris que 80 %, ça suffisait parfois aussi. J’ai aussi compris que je dois laisser les autres essayer – et parfois échouer. Mais je trouve ça très difficile, encore plus quand ça concerne les contacts avec les clients. Pour moi, le service à la clientèle est sacré. On dit que la confiance est difficile à obtenir, mais facile à perdre. J’ai encore du travail à faire à ce niveau. »

Oser demander de l'aide

Ignace admet que bon nombre d’entrepreneurs ont du mal à demander de l’aide à une personne externe. « Pourtant, avoir quelqu’un qui analyse votre entreprise avec une certaine distance est un atout. Mais bon, les entrepreneurs sont parfois orgueilleux. Ils n’osent pas toujours avouer qu’ils ont un problème. Ils n’ont souvent personne vers qui se tourner pour vider leur sac. Les collègues le font entre eux, mais pas nous. Résultat : les problèmes persistent et vous tournent en tête toute la nuit. Pourtant, tout le monde a le droit de dire que ça ne va parfois pas. Personnellement, il m’a fallu des années avant d’oser me l’admettre. »

Ignace continue aujourd’hui à améliorer son entreprise et à faire un travail sur lui-même. Il s’est fixé un objectif bien précis. « Nous allons d’abord mettre au point notre structure organisationnelle, puis nous aurons du temps pour établir un plan à long terme, sur trois à cinq ans, pour voir où nous voulons amener l’entreprise. Je veux aussi qu’elle continue à fonctionner comme il faut si je m’absente pendant trois semaines. Que la structure soit assez solide pour que ce soit le cas. Je suis persuadé que c’est possible, notamment grâce au soutien de Marianne ! »

 

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