La construction est l’un des secteurs les plus exigeants physiquement de notre pays. Les travailleurs soulèvent des matériaux lourds, effectuent leurs tâches dans des positions contraignantes et sont exposés chaque jour à des conditions météorologiques changeantes. Pourtant, l’ergonomie reste un sujet négligé dans de nombreuses entreprises de construction.
Un récent mémoire réalisé par Caroline Mercier, conseillère en prévention ergonome chez Liantis, révèle que seuls 5 % des 150 employeurs de PME interrogés déclarent avoir effectué une analyse des risques ergonomiques. Celle-ci constitue pourtant la base d’une démarche structurée pour réduire la charge physique.
Dans le domaine du bâtiment, cette procédure est souvent plus complexe que dans un bureau ou un environnement de production. Les tâches varient d’un jour à l’autre, les postes de travail sont temporaires et les conditions changent constamment. C’est précisément pour cette raison qu’il est important de bien cerner les risques ergonomiques.
Le mémoire présente une analyse des risques pour le secteur du gros œuvre actif dans la construction résidentielle. Cette analyse a mis en évidence cinq risques ergonomiques prioritaires :
Bien que cette analyse ait été réalisée spécifiquement pour les PME actives dans le secteur du gros œuvre, ces risques se retrouvent sur presque tous les chantiers, chez les petits entrepreneurs comme dans les grandes entreprises de construction. Ces risques représentent la majorité des contraintes physiques du secteur.
Une stratégie structurée est nécessaire pour agir efficacement sur les risques ergonomiques, quel que soit le secteur. L’organisme néerlandais TNO a développé à cette fin l’approche TOP, qui répartit les mesures en trois catégories :
Les mesures techniques ont généralement le plus grand impact, car elles réduisent la charge physique à la source. Des mini-grues aux éléments préfabriqués, des brouettes électriques à l’aménagement judicieux du chantier : les solutions ne manquent pas !
L’étude montre également que les employeurs de PME du secteur de la construction sont tout à fait disposés à investir dans l’ergonomie, mais craignent que ces investissements supplémentaires ne nuisent à leur compétitivité.
Lorsqu’il faut louer une grue ou un autre équipement, par exemple, ce coût est généralement répercuté sur le maître d’ouvrage. Par conséquent, le prix total du projet augmente. Les concurrents qui n’utilisent pas ces équipements peuvent dès lors proposer une offre moins chère.
Cela montre que l’ergonomie n’est pas seulement un défi pour les entreprises à l’échelle individuelle. Lorsque les équipements ergonomiques et les méthodes de travail sûres se seront généralisés dans le secteur, les conditions de concurrence s’équilibreront et des progrès durables deviendront possibles.
Les ergonomes de Liantis vous accompagnent volontiers avec des conseils, des analyses des risques et des mesures pratiques adaptées à votre chantier. Contactez-nous à l’adresse ergonomie@liantis.be.